Les fourmis, comme tous les insectes, ont un axe corporel
inversé, par rapport aux vertébrés. Le cœur
est sur la face dorsale, le système nerveux sur la face ventrale et
l’appareil digestif entre les deux.
Le système nerveux, chez la fourmi, est
moins centralisé que chez les vertébrés. En effet, il est composé d’une dizaine de paire de ganglions, disposés
sous forme d’une chaîne, où ils sont alignés les uns derrière les autres.
Cette chaîne s’étend de la tête jusqu’au bout de l’abdomen. Au niveau
de l’abdomen et du thorax, à chaque paire de ganglion correspond un segment,
visible à
l’observation. Ces segments sont appelés tergites sur la face
dorsale, et sternites sur la face ventrale.
Cette décentralisation du système nerveux rend la fourmi moins vulnérable aux dommages qui peuvent lui être provoqués. Si on coupe par exemple, la tête d’une fourmi, les pattes, situées sur le thorax, peuvent continuer de faire avancer le reste du corps pendant quelques instants.
Le cerveau des fourmis constitue cependant l’élément principal du système nerveux. C’est en fait un ganglion cérébroïde, c’est-à-dire qu’il fait office de cerveau sans pour autant en être un. Situé sur le pôle antérieur, il est composé de trois paires de ganglions fusionnés entre eux : le protocérébron, le deutocérébron et tritocérébron.
Un neurone est une cellule très spécifique de l'organisme. Il est constitué d’un corps cellulaire qui possèdent des prolongements : des dendrites et un axone. Les dendrites et les axones sont des fibres nerveuses. Regroupées entres, elles forment les nerfs.
Les dendrites sont composés de filaments de cytosquelette, qui lui donne une certaine solidité. Pour observer la structure d'un dendrite, passer la souris sur la photo ci-contre.
Il est aussi important de comprendre comment fonctionnent les messages nerveux. Le message afférant (qui arrive à un centre nerveux) arrive par l’extrémité du dendrite jusqu’au corps cellulaire, qui contient le noyau de la cellule, et se prolonge par l’axone, qui véhicule le message efférent (qui part d’un centre nerveux) en direction des cellules de la chaîne de ganglions, où va être analysé le message.
Cela nous amène à définir le message nerveux. Il se propage d’un neurone à un autre sous la forme d’un courant électrique. En fait, le neurone se dépolarise lorsqu’il est stimulé. Cette dépolarisation part du corps cellulaire et se propage le long de l’axone, pour apporter le message jusqu’au ganglion qui analysera le message. Le message est toujours dans l'ordre : dendrites > corps cellulaire > axone.
Les ganglions, eux, jouent en quelque sorte le même rôle que celui de notre moelle épinière. Il peuvent en effet traiter les activités réflexes, indépendamment du ganglion cérébroïde. Les ganglions vont de paire et sont reliés entre eux grâce à des commissures transversales, et chaque paire est reliée aux autres par des connectifs longitudinaux.
Pourquoi étudier le système nerveux, alors que nous souhaitons nous intéresser au fonctionnement des phéromones ? C’est parce qu’ils sont en réalité étroitement liés. En effet, les phéromones, après réception, sont lues et analysées par le système nerveux. Nous allons donc aborder ce mécanisme dans les parties qui vont suivre.