Les fourmis possèdent toutes deux
antennes, disposées de part et d’autre de la tête. Elles s’en servent pour
divers utilités comme pour la communication tactile mais surtout pour la
reconnaissance des phéromones.
Les antennes sont recouvertes de
centaines de petits poils, appelés sensilles olfactives antennaires. On le voit
très aisément sur la photo prise au MEB ou microscope électronique à
balayage. C’est grâce
à cette multitude de sensilles, qui jouent le rôle de capteurs de molécules,
que les phéromones vont être interceptées dans l’air environnant. En effet,
elles sont composées
de pores tubulaires ou tubules sur toute leur surface, qui vont permettre le
passage des messages chimiques. Chaque sensille est spécifique à une
molécule
chimique particulière, d’où leur nombre impressionnant.
Les sensilles renferment plusieurs dendrites, appartenant à des neurones sensoriels. Ces prolongements nerveux sont parsemés sur tout leur long de récepteurs moléculaires, visant à réceptionner les phéromones. Les corps nerveux sont situés à la base du sensille. Les axones qui partent de ces corps sont connectés indirectement au deutocérébron.
La lymphe sensillaire baigne le milieu. Elle se compose de molécules produites par l’organisme : des protéines qui se lient aux odeurs ou OBP (odorant-binding proteins) ainsi que des enzymes qui dégradent les odeurs.
Les OBP sont des chaînes polypeptidiques de 150 acides aminés. Les enzymes dégradantes sont appelées
estérase sensillaire et détruisent les molécules chimiques présentes dans la
lymphe.
Maintenant que nous savons comment sont constituées les antennes des fourmis, nous allons pouvoir aborder la réception et la l'analyse des phéromones.